mercredi 3 septembre 2008
Par Norman Palma,
mercredi 3 septembre 2008 à 19:40 :: Economie
Depuis le 15 juillet, le billet vert a connu une hausse très importante. Elle était ce matin de l'ordre de 10%. L'euro est ainsi passé de 1,6038 à 1,4390. Comment expliquer cette appréciation du dollar? Est-elle due à la fin de la crise du billet vert et à la fin du désastre financier qui nous arrive de l'autre côté de l'atlantique? Beaucoup de spécialistes nous disent que c'est la fin de la crise et le retour en force du billet vert.On passe ainsi sous silence les interventions des Grandes Banques centrales. Comme les interventions de la BCE, de la Banque Nationale Suisse, de la Banque d'Angleterre et de celle du Canada. Car, tout indique que pour ces banques, le soutien du billet vert est la seule politique susceptible de permettre le dépassement du chaos économique que nous connaissons. La main invisible de ces banques centrales peut retarder les échéances, mas elle ne peut pas détourner durablement la logique du processus de la crise actuelle. La crise du règne du billet vert, n'est qu'à son début, le chemin de sa chute pourrait être plus long que prévu.
2 commentaires
:: aucun trackback
dimanche 10 août 2008
Par Norman Palma,
dimanche 10 août 2008 à 17:41 :: Economie
Depuis l'émergence de cette crise, dit des subprimes, il y en a qui disent que nous percevons déjà la lumière au bout du tunnel. Il y en a d'autres qui disent que la lumière en question est celle d'un train qui vient en sens inverse, par rapport à notre mouvement. Certes, il n'est pas question de parler de désirs - les anglophones parlent de "wishfull thinking" -, mais plutôt de la marche du réel, du cours du monde. Plus précisément, de ce qui est de l'ordre de la simple constatation.Toute crise est un drame - voire une tragédie - où ce qui se joue est, en première instance, un moment de l'histoire de l'esprit du monde. Car, c'est au nom des systèmes de croyances que les êtres humains agissent et en vue de l'accomplir. Bien évidement, ce drame est un processus composé de différents moments. Actuellement nous ne sommes qu'au début, car la fin ne peut se manifester que lorsque le changement effectif de système sera à l'ordre du jour. Du point de vue monétaire l'acte final, ne peut être que la renégociation des Accords post Bretton Woods et le nécessaire retour à l'institution d'une monnaie universelle capable d'assurer et promouvoir l'égalité des chances dans la concurrence internationale. La nature de la monnaie est l'alpha et l'oméga de la crise que nous connaissons. Certains pensent que le règne du billet vert est l'horizon indépassable de notre moment historique. D'autres considèrent que le retour à la monnaie universelle (fondée sur le bi-métallisme) est la condition même du dépassement de l'interminable chute économique, sociale et humaine que nous connaissons.
4 commentaires
:: aucun trackback
samedi 2 août 2008
Par Norman Palma,
samedi 2 août 2008 à 18:38 :: Economie
La crise hypothécaire américaine est, comme nous l'avons déjà souligné, une manifestation de la crise de l'étalon US Dollar. A présent, nous commençons à nous rendre compte jusqu'à quel point les deux grands organismes de financement hypothécaire américain - Fannie et Freddie - ont participé à la titrisation de la dette immobilière de ce pays. Christopher Dodd sénateur démocrate du Connecticut expliquait, à ce propos, dernièrement qu'une grande partie de la dette de ces institutions est non seulement détenue "par des pays dans l'ensemble du monde", mais qu'en plus ce pays "deviennent nerveux". Ce qui veut dire concrètement que ces pays - comme la Chine et la Russie, etc., etc. - peuvent commencer à paniquer. Pour cette raison, les deux grandes institutions de refiancement hypothécaire, commencent à être perçues comme des Frankensteins de la finance. En tout cas, cette crise hypothécaire continue à s'aggraver. Le sénateur Dodd a indiqué que 8.400 familles sont actuellement chaque jour dans l'incapacité de rembourser leur emprunt. De plus, il a dit que le nombre d'américains qui pourraient perdre leur maison, d'ici à la fin 2009, est estimé à 2,8 millions. (Le Monde, 1-08-2008, p. 11).
aucun commentaire
:: aucun trackback
mercredi 30 juillet 2008
Par Norman Palma,
mercredi 30 juillet 2008 à 17:07 :: Economie
Pour Pascal Lamy, le directeur général de l'OMC, "le commerce est par essence satanique". Marx, pour sa part, pensait que la monnaie et la valeur de change sont la manifestation de la vénalité et de la prostitution universelle. Aristote, quand à lui, nous dit que l'échange est consubstantiel à l'être social et que, donc, il ne peut pas y avoir de vie sociale sans échange. Le fait est que c'est par le biais de l'échange que nous satisfaisons nos besoins. Ceci est vrai non seulement pour les individus, mais aussi pour les nations. A l'époque classique (grosso modo, le XIX), le commerce international était conditionné par le libéralisme. Plus précisément, par le rapport entre le libre échange et le protectionnisme. Ainsi, les nations excédentaires - l'Angleterre était le modèle - fonctionnaient en libre échange, tandis que les pays déficitaires pratiquaient le protectionnisme. Par conséquent, dans ce système, les nations pouvaient pratiquer le protectionnisme, voire chercher à fonctionner en autarcie. Ceci à condition que la nation en question ne chercha pas à thésauriser de l'or, à le retirer de la circulation internationale. Le mal à l'époque était le dumping, qui était considéré comme une concurrence déloyale, comme de la perfidie et de la malhonnêteté. Donc, le mal économique, dans la concurrence internationale, résidait dans les subventions à la production et, particulièrement, dans les subventions aux exportations. Le fait est que la fronde contre le dumping de la production agricole que nous connaissons à l'époque actuelle, a commencé au printemps 2003, avec la formation du G3: l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud. D'autres pays vont se joindre à eux, dont la Chine et l'Australie, pour former le G20. Depuis lors, nous assistons à une baisse des subventions aux exportations. En effet, du coté de l'UE, par exemple, ces subventions furent de 9,5 milliards d'euros en 2003 et 1,4 milliards d'euros en 2007. Lors de la négociation de l'OMC, qui vient d'échouer (le 29 juillet) les pays riches proposèrent la fin des subventions aux exportations pour 2013 et la réduction significative (de quelques 70%) des subventions à la production pour la même année. Les pays du G20 réclament, pour leur part, la suppression totale de toute forme de dumping. Notons qu'un tel processus impliquerait nécessairement la fin du néolibéralisme et le retour du libre échange selon la logique classique.
2 commentaires
:: aucun trackback
mardi 29 juillet 2008
Par Norman Palma,
mardi 29 juillet 2008 à 17:47 :: Economie
Dans cette interminable chute, les uns disent que la crise est déjà derrière nous, tandis que les autres affirment que nous n'avons pas encore perçu le fond de l'abime. Le moins qu'on puisse dire, est qu'une confusion extrême règne dans les esprits. En tout cas, une certaine presse nous affirme que la crise des subprimes est l'alpha et l'oméga de ce désastre. Elle arrive même à donner le nom du véritable coupable, Angelo Mozilo, l'ancien patron de la banque Countrywide. Il est, en effet, considéré comme le Frankenstein de la finance, pour avoir accordé du crédit à des personnes sans la solvabilité nécessaire. Mais, par delà le côté spectacle de cette affaire, on commence à se rendre compte que les deux grandes institutions de crédit hypothécaire américain - les "Big two": Fannie et Freddie -, continuent à acheter des prêts pour les transformer en obligations. Elles sont, donc, des machines à titriser des subprimes et d'autres types de crédits, qui sont en train de provoquer des désastres, non seulement aux États-Unis, mais aussi au niveau international. Elles continuent ainsi à donner du travail et à apporter beaucoup de profit aux traders, aux golden boys. Bien évidemment, cette puissance destructrice des circuits financiers, n'aurait pas été possible sans l'existence du privilège exorbitant. Donc, de cette machine colossale capable de produire des actifs parapublics (américains) qui se vendent, comme des petits pains, sur les marchés de la grande finance internationale.- Comme nous l'avons déjà souligné ici, le premier moment de cet interminable Krach, concerne concerne les titres adossés aux subprimes, le suivant devrait se rapporter aux titres publics eux-mêmes.
aucun commentaire
:: aucun trackback
lundi 28 juillet 2008
Par Norman Palma,
lundi 28 juillet 2008 à 16:00 :: Economie
Les nouvelles de la crise financière globale ne sont pas bonnes. Et dans cette interminable chute, l'absence de nouvelles est une bonne nouvelle. L'Union des Banques Suisses (UBS) était, il n' y a pas si long temps encore, le modèle de la réussite au niveau financier. A présent, elle pourrait être le modèle du désastre bancaire. En effet, depuis le 9 août 2007, cette banque a perdu 38 milliards de dollars. Notons, à ce propos qu'elle n'est pas celle qui a perdu le plus. En effet, devant elle il y a Citigroup et Merrill Lynch , avec 58 et 47 milliards de dollars respectivement. De plus, ces banques ont déjà perdu, depuis lors, autour de 75% de leur valeur en bourse. En tout cas, la presse nous indique qu'UBS devrait encore déclarer, avant la fin de l'année, des pertes de l'ordre de 40 milliards de dollars. Et pour compléter ce sinistre tableau, il faut savoir que le Ministre de la Justice de l'État de New York, vient de déposer un recours contre UBS. En effet, Andrew Cuomo accuse la banque suisse d'avoir trompé 50.000 investisseurs américains et lui réclame la restitution de quelques 25 milliards de dollars. Car, dans la panique de ces pertes colossales, liées aux subprimes, les banques ont cherché à passer le bébé aux clients. Certes, les grandes banques vont se défendre devant les juges, mais comme dit le proverbe chinois: Gagner un procès, c'est gagner une poule en perdant une vache!
aucun commentaire
:: aucun trackback
samedi 26 juillet 2008
Par Norman Palma,
samedi 26 juillet 2008 à 15:19 :: Economie
L'époque classique de l'économie moderne est connue, en ce qui concerne le marché international, comme celle du système libéral. C'est, grosso modo, cette période qui va de la fin des guerres napoléoniennes à la Première Guerre Mondiale. Alors, l'échange marchand n'était pas considéré comme un mal, mais, suivant Aristote, comme une pratique consubstantielle à l'être social. Il convient, toute fois, de tenir présent à l'esprit, que le libre échange comprend son contraire: le protectionnisme. Ceci, tout comme l'État de droit contient en puissance l'État d'exception. Le système libéral impliquait, par conséquent, le libre échange du côté des pays surconcurrentiels et le protectionnisme pour les pays déficitaires. En effet, selon la loi éthique universelle, c'est le faible qui doit être protégé et non pas le fort. Notons que ce système va connaitre sa fin avec la crise de l'étalon or. Le monde va assister, par la suite, à un renversement de la logique libérale et,donc, à la formation du néolibéralisme. Lequel système trouve en 1989 son point culminant, avec le Consensus de Washington et la politique d'ajustement structurel (PAS) du FMI. Nous sommes en train de vivre actuellement la fin du règne du billet vert et, donc, la fin du néolibéralisme. Rappelons que ce système implique la pratique du protectionnisme du côté des pays développés et le libre échange du côté des pays les moins développés. Cela dit, signalons qu'en plus du protectionnisme, les pays riches pratiquent le dumping, sous la forme des subventions à la production et aux exportations agricoles. Ces subventions sont actuellement de l'ordre d'un milliard de dollars par jour.- Le retour de l'étalon or devrait permettre le retour aux principes du libéralisme classique et donc à l'égalité des chances dans la concurrence internationale. Il s'agira, dès lors, du retour à la logique classique, au sein d'un ordre garanti par la communauté international. Donc, par un ordonnancement cosmopolitique capable de promouvoir et assurer l'égalité des chances dans la concurrence internationale.
8 commentaires
:: aucun trackback
vendredi 25 juillet 2008
Par Norman Palma,
vendredi 25 juillet 2008 à 19:14 :: Economie
La crise de l'étalon or fut le résultat de la Première Guerre Mondiale. Cette conflagration va permettre aux États-Unis d'accumuler des réserves or considérables. En 1913, les États-Unis possédaient la troisième réserve d'or du monde. En 1920, ces réserves vont doubler pour atteindre le 30% des réserves or du monde. Fin 1933, ces réserves seront de l'ordre de 44%, mais seulement la moitié était monétisée. L'importance de ces réserves fut, en partie, le résultat de la confiscation de l'or monétaire détenu par les personnes privées. Plus précisément, le résultat de l'Executive Order 6.112, du 5 avril 1933. Cette loi trouve son achèvement dans la Gold Reserve Act, du 31 janvier 1934. En effet, cette loi confirme l'interdiction de la possession de l'or et dévalue le billet vert de 20,67 dollar, à 35 dollars l'once d'or. De sorte que le gouvernement Roosevelt va dévaluer le billet vert de 69%. Ce qui va lui permettre d'augmenter la quantité de dollars en circulation, sans remonétiser la partie thésaurisée, qui était de l'ordre de 50% des réserves que les États-Unis contrôlaient à l'époque. C'est précisément cette politique de thésaurisation des réserves or qui va provoquer la contraction brutale du pouvoir d'achat que le monde va connaitre à l'époque. En 1944, les États-Unis contrôlaient les 3/4 des réserves or du monde: 21.700 tonnes. Rappelons, à ce propos, que les Accords du 22 juillet 1944 donnent naissance au règne du dollar garanti par les réserves or des États-Unis. Les Accords de Washington du 18 décembre 1971, donnent naissance au règne du billet vert non garanti par les réserves or des États-Unis. Donc, avant le dollar était dans l'étalon or, maintenant l'or est, encore, dans l'étalon dollar.
2 commentaires
:: aucun trackback
lundi 21 juillet 2008
Par Norman Palma,
lundi 21 juillet 2008 à 19:03 :: Economie
La plus grande agence américaine de refinancement hypothécaire - Fannie Mae - est née avec la crise des années trente. Son frère cadet Freddie Mac est né en 1970. Le rôle de ces institutions parapubliques est celui d'acheter les hypothèques aux banques, pour faciliter le niveau de liquidité du système bancaire. Ces institutions contrôlent quelque chose comme 5.200 milliards de dollars de crédits immobiliers, sur un marché qui serait de l'ordre de 12.000milliards de dollars. Bien évidemment, Fannie et Freddie ont titrisé une partie importante des valeurs hypothécaires qu'elles contrôlent. La chute de ces institutions ne peut que provoquer un chaos financier de première importance. C'est la raison pour laquelle on dit qu'elles sont trop grandes pour tomber. Notons que Fannie et Freddie ont déjà perdu, depuis un an, quelque chose comme le 75% de leur valeur en bourse. La Réserve Fédérale a donc décidé d'intervenir pour éviter le désastre. Ce qui veut dire concrètement que la Banque centrale américaine va prêter de l'argent à ces institutions et accepte en garantie des titre décotés, voire des titres sans valeur. Car, Fannie et Freddie ont beaucoup de subprimes et d'autres hypothèques qui sont des valeurs pourries. Ce qui veut dire, en d'autre termes, que la Fed socialise les pertes des grands, mais laisse tomber les petites institutions financières, comme la banque californienne IndyMac qui a fait faillite il y plus d'une semaine, avec "seulement" 32 milliards de dollars d'actifs. Ces banques sont ainsi devenues, la partie la plus fragile du système financier américain. Elle sont exposées à la panique des déposants, à une "bank run". Car, aux États-Unis les dépôts sont garanties jusqu'à la hauteur de 100.000 dollars. En tout cas, pour IndyMac, comme pour la Northern Rock - en Angleterre, en septembre 2007 - la banqueroute ne fut pas une affaire de semaines, mais de jours.
2 commentaires
:: aucun trackback
jeudi 17 juillet 2008
Par Norman Palma,
jeudi 17 juillet 2008 à 18:37 :: Economie
Le crédit est, en rapport inverse, la puissance motrice de la vitesse de circulation de la monnaie. Sous le règne de l'étalon-or, le taux de crédit est déterminé par l'offre et la demande. Au dix-neuvième, par exemple, le pays où les réserves or étaient importantes, le taux de crédit courant était bas, et il était élevé lorsque ces réserves étaient plutôt réduites. Bien évidemment, le niveau des réserves dépendait de la balances des comptes courants. Sous le règne du papier monnaie, les taux de crédit sont déterminés par le taux directeur de la Banque centrale. Au niveau de la zone euro, par exemple, c'est la BCE qui détermine, par l'intermédiaire de son taux directeur, le taux interbancaire: l'euribor. Le fait est que le taux interbancaire tend à se situer soit un peu au dessus, soit un peu en dessous du taux directeur de la BCE. Le taux interbancaire est, ainsi, le taux de base de la pyramide des taux. Laquelle pyramide a, pour simplifier, à sa base, le taux à l'investissement et à son sommet le taux à la consommation. En tout cas, en janvier 2007, le taux directeur de la BCE était à 4% et l'euribor à 3,921%. La crise du 9 août 2007, dites des "subprimes", va provoquer la dislocation du crédit interbancaire et la rareté du crédit. De sorte que le taux directeur de la Banque centrale, ne détermine plus l'euribor. C'est ainsi qu'en janvier 2008, le taux directeur de la BCE était à 4% et l'euribor était à 4,793% Actuellement le taux directeur de la BCE est à 4,25% et l'euribor est à 5,396% Ce qui veut dire concrètement que le taux directeur ne détermine plus la hiérarchie des taux. Celle-ci est plutôt déterminé par l'offre et la demande. L'argent est devenu rare et, donc, cher.
aucun commentaire
:: aucun trackback
dimanche 13 juillet 2008
Par Norman Palma,
dimanche 13 juillet 2008 à 18:31 :: Economie
Ceux qui suivent de près la bourse de New York, étaient sans doute étonnés de constater, vendredi 11 juillet, que les actions de Fannie et Freddie - les deux géants (demi publics) américains du refinancement hypothécaire - étaient en train de s'effondrer à vue d'œil. A mi séance, ces valeurs, perdaient au-tour de 50%. Or, il faut savoir que ces géants détiennent ou garantissent 40% des prêts immobiliers consentis dans le pays. C'est à dire, selon Bloomberg, quelques 5.200 milliards de crédits immobiliers. Le fait est qu'au milieu de ce désastre fut annoncé, par CNBC, que la banque californienne Indymac se déclarait en faillite. En 10 jours, les épargnants retiraient 1,3 milliards de dollars. En un an, l'action de cette banque, avec 32 milliards de dollars d'actifs, est passée de 28 dollars l'action à 28 cents.- Tout indique, par conséquent, que la crise financière se développe d'une manière catastrophique. De plus, Fannie et Freddie ne sont pas les seules institutions financières qui sont actuellement au bord de la banqueroute, les yeux des spécialistes se tournent aussi vers Lehman Brothers et vers Wachovia. Quoique certains croient que cette crise sera violente, mais courte. C'est le cas de Patrick Artus. (Voir à ce propos: Le Monde 13-14 juillet 2008, p. 7). Pour notre part, nous continuons à penser qu'il s'agit d'une crise totale, qui devrait conduire au dépassement du règne du billet vert et au retour de l'or comme étalon. Donc, au dépassement de l'empire du privilège exorbitant et à la reconstruction rationnelle de l'ordre du monde.
8 commentaires
:: aucun trackback
samedi 12 juillet 2008
Par Norman Palma,
samedi 12 juillet 2008 à 18:19 :: Economie
Selon la Banque mondiale, la production d'agrocarburants participe d'une manière significative à la hausse vertigineuse du prix des denrées alimentaires et du pétrole. Rappelons que cette activité consiste à produire du pétrole vert à partir des denrées alimentaires de base. Mais, comme nous l'avons souligné ici, pour produire un litre d'éthanol à partir du maïs, il faut à peu près un litre d'essence. Or, il convient de noter que cette activité ne serait pas rentable si elle n'était pas subventionnée. Aux États-Unis, par exemple, la production d'éthanol est subventionnée à 51 cents le galon. Ce qui explique le développement considérable de sa production, qui a triplé depuis 2003 et qui devrait doubler en 2.012. Mais, cette course à la production de biocarburants, n'est pas uniquement propre au pays de l'Oncle Sam. Le Brésil, par exemple, emploi 7 millions d'hectares pour produire de la canne à sucre, en vue de l'éthanol. Et devrait atteindre les 20 millions d'hectares pour 2012. C'est donc cette activité qui contribue d'une manière considérable à l'augmentation du baril de brut; qui est passé, rappelons-le, de 20 dollars le baril début 2003, à presque 150 dollars actuellement. Il est clair, comme le dit l'actuel Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki-moon, que cette hausse des prix ne peut que provoquer la famine du côté du "milliard d'en bas": de ceux qui survivent avec moins d'un dollar par jour.
aucun commentaire
:: aucun trackback
vendredi 11 juillet 2008
Par Norman Palma,
vendredi 11 juillet 2008 à 18:51 :: Economie
Du point de vue purement théorique, l'inflation - comme son contraire la déflation - est un phénomène strictement monétaire. L'inflation est en rapport direct au rythme d'émission monétaire. Dans le système de la monnaie unique - aussi bien l'euro que le F-CFA -, il n'y a pas d'émission monétaire ex nihilo; donc, dû à la seule décision de l'État. Dans ce système, l'augmentation du stock monétaire dépend des excédents extérieurs. Dans le cas du système de l'euro, des excédents en US dollars. Ce qui permet aux pays excédentaires d'acheter auprès de la BCE, le droit d'émission monétaire. C'est précisément ce qui se passe actuellement dans le cas de l'Allemagne. En tout cas, le stock monétaire de la zone euro est passé de 600 milliards d'euros en janvier 2002, à 613,5 fin avril 2007, et à 669,7 fin avril 2008. Ce qui veut dire qu'entre 2002 et la fin du premier semestre 2007 le taux d'inflation était de l'ordre de 2%. Puis, qu'à partir de la mi 2007, ce taux va augmenter d'une manière plus importante. Et c'est, justement, ce que nous constatons dans la réalité. En Juin 2008, par exemple, le taux d'inflation dans la zone euro était de 4%. Cela dit, nous constatons actuellement, en plus, une hausse des prix et des denrées alimentaires et du pétrole à l'échelle internationale. Cette augmentation des prix est le résultat de la diminution de l'offre par rapport à la demande. Le développement de la production de biocarburants en est la cause principale. En effet, cette production implique la destruction des denrées de base - maïs, blé, canne à sucre, etc., etc. - et du pétrole pour produire de l'éthanol. Car, il faut, à peu près, un litre d'énergie fossile pour produire un litre d'éthanol à partir du maïs, par exemple. En d'autre termes, cette activité n'ajoute pas de la valeur.
aucun commentaire
:: aucun trackback
jeudi 10 juillet 2008
Par Norman Palma,
jeudi 10 juillet 2008 à 19:01 :: Economie
Certes, les responsables de l'économie - au niveau international, comme au niveau des nations - ont tout intérêt à crier haut et fort que la crise est derrière nous. Mais ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on guérit le patient. Nous sommes devant une crise d'ordre universelle, nous constatons que la pente est raide, mais, malheureusement, nous ne voyons pas encore le fond. Depuis le 22 avril, le jour où l'euro a dépassé le 1.60 dollars, les grande banques centrales interviennent sur le marché des changes pour soutenir le US Dollar. En effet, la BCE, la BofE, la B de Canada et la B Nationale Suisse, achètent des dollars, tandis que la B du Japon vend des euros et achète des dollars. Le fait que, depuis lors, le billet vert s'est maintenu au tour de 1.56. Les achats des bons du Trésor américains ont été tels que, par exemple, les bons de 30 ans américains ont regagné leur terrain perdu et se trouvent actuellement un peu en dessous de leur valeur nominale: à 99,23 dollars. Par contre, les bons des pays de l'espace euro, pour ne parler que d'eux, sont en train de décrocher. En effet, les bons allemands à 10 ans sont à 98,5 euros, tandis que les bons français sont à 94,97 euros. Puis, pour ce qui est des taux de rémunération, les bons américains à 10 ans sont à 3,89%, les bons allemands à 4,44% et ceux de la France à 4,65%. Tout indique, par conséquent, que la chute du billet vert implique nécessairement l'effondrement des autres valeurs fiduciaires circulant sur le marché international.Angel Laborda, le grand spécialiste de l'économie espagnole, disait dernièrement: "Nous nous acheminons vers un suicide économique collectif". (El Pais, Negocios, 06-07-2008, p. 28).
aucun commentaire
:: aucun trackback
mardi 8 juillet 2008
Par Norman Palma,
mardi 8 juillet 2008 à 15:00 :: Economie
Depuis le début de la décade, nous assistons à une production considérable de biocarburants. Dans le cas des céréales, on emploie actuellement - selon Jacques Diouf, le Directeur Général de la FAO (El Pais, Negocios, 06-07-2008, p. 25) - quelques 100 millions de tonnes pour produire de l'éthanol. Ce qui est équivalent au quart des stocks mondiaux de grains; le stock actuel est le plus bas depuis 1980. Cette activité est fortement subventionnée, c'est la raison pour laquelle elle se développe à un rythme particulièrement effrayant. Car, comme le soulignent beaucoup de spécialistes, la production de biocarburants est plus ou moins égale à l'énergie (le pétrole) qu'elle consomme. Ce terrible gâchis est en train de provoquer non seulement la hausse du prix de la nourriture de base (le pain, les pâtes, les tortillas, etc., etc.), mais aussi la hausse du prix du pétrole. De sorte qu'à la crise alimentaire, produite par cette activité absurde et terriblement dangereuse, s'ajoute la destruction de l'agriculture vivrière des pays les plus pauvres. Qui elle, a été anéantie par les subventions que les pays riches accordent, depuis des décades, à ses agriculteurs. Notons que selon la FAO, ces subventions furent pour l'année 2007 de l'ordre de 372 milliards de dollars. Ainsi, le monde s'achemine vers la crise économique la plus grave de son histoire (à cause de la fin du règne du billet vert), mais aussi vers la crise de subsistances la plus catastrophique de son histoire; pour cause de concurrence déloyale (dumping) et de production de biocarburants. Donc, dans le cas de cette production, pour destruction massive de nourriture.- En tout cas, la production de biocarburants favorise la concentration des terres, la monoculture,la paupérisation absolue et la famine dans le monde.- Il n'est pas inutile de remarquer, à ce propos, que 5 ou 6 multinationales produisent, actuellement, le 70% de l'éthanol dans le monde.
aucun commentaire
:: aucun trackback