Tout indique que dans son dernier film, Apocalipto, Mel Gibson présente la culture Maya comme une civilisation sanguinaire et capable du sadisme le plus radical. Cette perception du monde préaméricain n'est pas une exception. En effet, depuis l'époque de la Conquête, en passant par les Westerns, le discours conquérant s'est caractérisé par la volonté de criminaliser les victimes et de sanctifier les criminels. Or, les statistiques de l'Ecole de Berkeley nous montrent qu'un siècle après la Conquête, il ne restait que le 10% de la population du continent. Bartolomé de Las Casas (mort en 1566) parla d'extermination, tandis que Toribio de Benavente (mort en 1565) parla de choc bactériologique. En tout cas, Salvador de Madariaga (mort en 1978) nous dit, dans L'Essor de l'Empire Espagnol, que la disparition des grandes cultures précolombines a été un bienfait pour l'humanité. Cependant, nous savons à présent que la culture maya fut une civilisation très rafinée, qui connaissait les mathématiques, l'écriture et l'astronomie.