La plus grande agence américaine de refinancement hypothécaire - Fannie Mae - est née avec la crise des années trente. Son frère cadet Freddie Mac est né en 1970. Le rôle de ces institutions parapubliques est celui d'acheter les hypothèques aux banques, pour faciliter le niveau de liquidité du système bancaire. Ces institutions contrôlent quelque chose comme 5.200 milliards de dollars de crédits immobiliers, sur un marché qui serait de l'ordre de 12.000milliards de dollars. Bien évidemment, Fannie et Freddie ont titrisé une partie importante des valeurs hypothécaires qu'elles contrôlent. La chute de ces institutions ne peut que provoquer un chaos financier de première importance. C'est la raison pour laquelle on dit qu'elles sont trop grandes pour tomber. Notons que Fannie et Freddie ont déjà perdu, depuis un an, quelque chose comme le 75% de leur valeur en bourse. La Réserve Fédérale a donc décidé d'intervenir pour éviter le désastre. Ce qui veut dire concrètement que la Banque centrale américaine va prêter de l'argent à ces institutions et accepte en garantie des titre décotés, voire des titres sans valeur. Car, Fannie et Freddie ont beaucoup de subprimes et d'autres hypothèques qui sont des valeurs pourries. Ce qui veut dire, en d'autre termes, que la Fed socialise les pertes des grands, mais laisse tomber les petites institutions financières, comme la banque californienne IndyMac qui a fait faillite il y plus d'une semaine, avec "seulement" 32 milliards de dollars d'actifs. Ces banques sont ainsi devenues, la partie la plus fragile du système financier américain. Elle sont exposées à la panique des déposants, à une "bank run". Car, aux États-Unis les dépôts sont garanties jusqu'à la hauteur de 100.000 dollars. En tout cas, pour IndyMac, comme pour la Northern Rock - en Angleterre, en septembre 2007 - la banqueroute ne fut pas une affaire de semaines, mais de jours.