A propos de la crise de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Par Norman Palma, mercredi 30 juillet 2008 à 17:07 :: Economie :: #611 :: rss
Pour Pascal Lamy, le directeur général de l'OMC, "le commerce est par essence satanique". Marx, pour sa part, pensait que la monnaie et la valeur de change sont la manifestation de la vénalité et de la prostitution universelle. Aristote, quand à lui, nous dit que l'échange est consubstantiel à l'être social et que, donc, il ne peut pas y avoir de vie sociale sans échange. Le fait est que c'est par le biais de l'échange que nous satisfaisons nos besoins. Ceci est vrai non seulement pour les individus, mais aussi pour les nations. A l'époque classique (grosso modo, le XIX), le commerce international était conditionné par le libéralisme. Plus précisément, par le rapport entre le libre échange et le protectionnisme. Ainsi, les nations excédentaires - l'Angleterre était le modèle - fonctionnaient en libre échange, tandis que les pays déficitaires pratiquaient le protectionnisme. Par conséquent, dans ce système, les nations pouvaient pratiquer le protectionnisme, voire chercher à fonctionner en autarcie. Ceci à condition que la nation en question ne chercha pas à thésauriser de l'or, à le retirer de la circulation internationale. Le mal à l'époque était le dumping, qui était considéré comme une concurrence déloyale, comme de la perfidie et de la malhonnêteté. Donc, le mal économique, dans la concurrence internationale, résidait dans les subventions à la production et, particulièrement, dans les subventions aux exportations. Le fait est que la fronde contre le dumping de la production agricole que nous connaissons à l'époque actuelle, a commencé au printemps 2003, avec la formation du G3: l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud. D'autres pays vont se joindre à eux, dont la Chine et l'Australie, pour former le G20. Depuis lors, nous assistons à une baisse des subventions aux exportations. En effet, du coté de l'UE, par exemple, ces subventions furent de 9,5 milliards d'euros en 2003 et 1,4 milliards d'euros en 2007. Lors de la négociation de l'OMC, qui vient d'échouer (le 29 juillet) les pays riches proposèrent la fin des subventions aux exportations pour 2013 et la réduction significative (de quelques 70%) des subventions à la production pour la même année. Les pays du G20 réclament, pour leur part, la suppression totale de toute forme de dumping. Notons qu'un tel processus impliquerait nécessairement la fin du néolibéralisme et le retour du libre échange selon la logique classique.
Commentaires
1. Le jeudi 31 juillet 2008 à 18:16, par TOURNIER
2. Le jeudi 31 juillet 2008 à 19:16, par Norman Palma
Ajouter un commentaire