Depuis l'émergence de cette crise, dit des subprimes, il y en a qui disent que nous percevons déjà la lumière au bout du tunnel. Il y en a d'autres qui disent que la lumière en question est celle d'un train qui vient en sens inverse, par rapport à notre mouvement. Certes, il n'est pas question de parler de désirs - les anglophones parlent de "wishfull thinking" -, mais plutôt de la marche du réel, du cours du monde. Plus précisément, de ce qui est de l'ordre de la simple constatation.Toute crise est un drame - voire une tragédie - où ce qui se joue est, en première instance, un moment de l'histoire de l'esprit du monde. Car, c'est au nom des systèmes de croyances que les êtres humains agissent et en vue de l'accomplir. Bien évidement, ce drame est un processus composé de différents moments. Actuellement nous ne sommes qu'au début, car la fin ne peut se manifester que lorsque le changement effectif de système sera à l'ordre du jour. Du point de vue monétaire l'acte final, ne peut être que la renégociation des Accords post Bretton Woods et le nécessaire retour à l'institution d'une monnaie universelle capable d'assurer et promouvoir l'égalité des chances dans la concurrence internationale. La nature de la monnaie est l'alpha et l'oméga de la crise que nous connaissons. Certains pensent que le règne du billet vert est l'horizon indépassable de notre moment historique. D'autres considèrent que le retour à la monnaie universelle (fondée sur le bi-métallisme) est la condition même du dépassement de l'interminable chute économique, sociale et humaine que nous connaissons.