En 2007, l'excédent commercial allemand a été si important - plus de 27% en un an: 198,8 milliards d'euros - qu'il ne serait pas exagéré de parler de miracle économique. Car la sur- appréciation de l'euro aurait dû provoquer l'effet contraire. Or, l'Allemagne est actuellement la première puissance excédentaire du monde, suivie de la Chine, avec un excédent, toujours en 2007, de 177 milliards d'euros. On pense généralement que l'excédent allemand est le résultat de la sur-compétitivité de son industrie. Ceci semble d'autant plus vrai que la balance commerciale de la France - deuxième puissance économique européenne - a connu, en 2007, un déficit de 39,2 milliards d'euros. Comment, donc, expliquer la sur-compétitivité de l'économie allemande? Curieusement la plupart des spécialistes, n'ont pas encore remarqué que l'économie allemande soustraite - il ne faut pas surtout confondre sous-traitances et délocalisations - une partie de son activité dans les pays de l'Europe centrale. Donc, les produits "made in Germany", sont de plus en plus souvent assemblés en Allemagne. Antoine Seillier, l'ancien patron du Medef et actuel patron des patrons dans la CE, nous dit, par exemple, que dans les voiture allemandes la part des produits fabriqués dans les pays de l'Europe centrale - des pays frontaliers à de très bas salaires - est "de l'ordre de 40%". (Le Monde, 12 mai 2007, p. 13) Nous avons ainsi affaire à un processus qui s'auto alimente - d'accumulation de positif, aurait dit Hegel -: les excédents extérieurs permettent d'augmenter son stock monétaire, et ce gonflement de sa base monétaire lui permet d'accroître ses investissements et, donc, sa puissance productive et ainsi de suite.