La création de la monnaie unique, est le résultat de l'idée selon laquelle l'union monétaire mène à l'union politique. Ce qui ne s'est jamais produit dans l'histoire et ne peut pas se produire. Car, le rôle de la monnaie n'est pas de produire un État. Le contraire est plutôt vrai: Tout État a la possibilité de produire sa propre monnaie. Actuellement, nous savons que la monnaie unique n'est pas un bouclier anticrise, mais plutôt le chemin d'une trappe monétaire, la route du désastre. Ceci dit, on ne peut pas comprendre la logique du processus que nous connaissons actuellement, si on ne tient pas compte que dans le développement de la CE, il y a eu l'idée selon laquelle, pour mieux converger vers l'union politique, il fallait aider les pays les plus pauvres, pour arriver à un développement économique équilibré. C'est, précisément, ce qui va donner les fonds structurels, à partir de 1986. Dès lors, la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne vont recevoir des sommes considérables. Mais, à partir du 1er janvier 2007, ces pays ne reçoivent pas des sommes aussi importantes. Depuis lors, les premiers bénéficiaires des fonds européens - des fonds structurels plus la PAC -, sont les pays de la PECO. De sorte que les pays du PIGS ont connu, depuis ce moment, une contraction brutale des subventions européennes. Ainsi, la politique de fonds européens s'objective actuellement d'un côté, sous la forme d'une partie importante de la dette des pays contributeurs - France, Allemagne, Italie et Hollande -, et de l'autre côté, dans la contraction économique globale des PIGS. La crise grecque est, par exemple, le résultat du choc des fonds européens.- Voir, à ce propos, le papier de Jean-Luc Gréau, L'Expansion, avril 2010, p. 34 et s.