Encore sur la crise grecque.
Par Norman Palma le mardi 13 avril 2010, 11:25 - Economie - Lien permanent
La Grèce est devenue le maillon faible de la Zone Euro. Sa dépendance du marché des capitaux, est en rapport direct à l'importance de sa dette. De plus de 300 milliards d'euros, pour un pays de 10 millions d'habitants. Les membres de la Zone Euro tentent d'organiser un plan de sauvetage. Mais, pour le moment il n'y a rien de concret. Car les pays qui devront prêter de l'argent à la Grèce devront emprunter cet argent. Or, pour les pays les plus fragiles de cet espace monétaire - comme l'Irlande, l'Espagne et le Portugal -, cet emprunt ne peut qu'augmenter leur fragilité. On ne peut pas sortir de la trappe monétaire aussi facilement. En tout cas, la cessation des payements de la Grèce devrait ébranler la monnaie unique et, par la même l'ensemble du Système Monétaire International que nous connaissons. Car, par delà la Grèce il y a la vulnérabilité des autres pays du PIGS, ainsi que la Grande Bretagne, voire les États-Unis. En effet, dans la phase de la crise globale dans laquelle nous sommes, tout devrait se jouer sur le marché obligataire.
Commentaires
La Grèce n'est qu'un pion dans le bras de fer qui se joue entre la FED et la BCE : en effet la FED ou plutot les yankees veulent garder leur DOMINATION politique sur l'Europe en prolongeant le SYSTEME actuel ... Le pourront-ils ? Je ne le crois pas car la situation mondiale est trop déteriorée (il y a aussi le bras de fer monétaire entre la CHINE et les USA) pour que cela dure longtemps ! l'autre point faible à surveiller est la Grande Bretagne qui est prise en sandwich entre l'Europe et les USA et qui a de moins en moins de crédibilité économique, même si on applique ses thèses de KEYNES ... A suivre et cordialement
N'oublions pas que KEYNES défendait les intérêts de l'Empire Britannique, ce qu'on ne peut lui reprocher ... Néanmoins, sa thèse fut une hérésie démontrée en 1976 par RUEFF, mais qui était "légitime" en 1945, étant un des grands vainqueurs de la deuxième guerre mondiale : mais son application ne fut guère probante et s'il n'y avait eu la REFORME MONETAIRE du 21 juin 1948 en RFA, les trente glorieuses n'auraient certainement pas existé ... Cordialement
Bonjour Norman, considerant très interessant le debat en question, je me permets de proposer un ecrit très lucide, au delà des opinions politiques, de Eric Hosbawm – Le Monde diplomatique nov. 2008 - :
« On ne peut pas considérer l’empire britannique comme un modèle qui permet de comprendre le projet hégémonique americain. D’autant plus que la Grande Bretagne était consciente de ses propres limites, en particulier celles de son pouvoir militaire…mais elle savait de ne pas pouvoir dominer le monde entier et elle n’essaya jamais de le faire.
Au contraire, elle chercha de rendre le reste du monde assez stable pour pouvoir prospérer, mais sans chercher à imposer partout sa volonté. Quand l’ère des empires maritimes arriva à la fin, à moitié du XX°siecle, la Grande Bretagne sentit le vent tourner avant les autres puissances coloniales.
Car son pouvoir économique ne dépendait pas de la puissance militaire, mais du commerce, elle s’adapta plus facilement à la perte de l’empire, comme elle avait dejà fait, face au plus grand bouleversement de son histoire, la perte de ses colonies americaines.
Les Etats-Unis comprendront-ils la leçon ? Ou chercheront-ils de maintenir une domination globale avec la seule puissance politique et militaire, provoquant ainsi toujours plus de désordres, conflits et barbaries ? »
Merci et amitié, alessio
@ 4 : votre critique de KEYNES est parfaitement argumentée, mais il ne faut pas oublier que le principal adversaire de KEYNES après la guerre fut RUEFF et que ce fut lui qui denonca son "hérésie", ce qui incita les yankees à adopter FRIEDMANN et cie : voilà pour les faits, quant au conséquences, c'est ce que nous vivons à ce jour ! il ne s'agit pas de faire l'éloge de RUEFF, mais je trouve que le passer sous silence à ce jour, tout ça parce que les médias sont à la solde de la pensée unique, est une forme de DESINFORMATION ... cordialement